Nous avons vu précédemment, grace aux expériences que le tabac avait une influence sur le gout . Voici comment l'expliquer et la comprendre .
2) Explications des expériences
Cela s’explique de différentes façons, bien que les explications sur le sujet restent encore aujourd’hui peu décrites, nous pouvons nous faire une idée sur les causes de cette diminution de perception du goût.
On notera que les papilles des fumeurs se développent de façon différente face au tabac. Les fumeurs ont une tolérance du goût amer (puisque que le tabac a un goût quelque peu amer), mais ont une baisse de perception du sucre.
Même s’ils n’en sont pas toujours conscients, les fumeurs sont privés d’une partie de leurs capacités gustatives. Il leur faut beaucoup plus de saveur pour être capables de goûter. C’est pourquoi il n’est pas rare de voir des fumeurs saler ou sucrer davantage leurs aliments.
Ensuite les lèvres et la langue, surtout chez le fumeur de pipe sont soumises à des températures très élevées. Elles souffrent de brûlures chroniques. La chaleur participe également à l'altération des muqueuses qui entraîne :
- Une destruction des papilles gustatives, auxquelles il faut a peu près 10 jours pour se renouveler, et 48h pour retrouver une bonne partie de ces capacités gustatives.
- Une altération des lobules olfactifs contribuant à diminuer le goût, comme vu auparavant dans le goût et l’odorat.
- Les bourgeons gustatifs situés à l’intérieur des papilles et qui permettent de ressentir le goût des aliments sont moins nombreux et moins développés.
Le tabagisme représente une cause importante de lésions à la langue (la plupart étant de nature inflammatoire). Si le déficit gustatif des fumeurs est suffisamment documenté, l’explication précise de ce phénomène demeure encore vague. Néanmoins cinq mécanismes peuvent y contribuer :
1. Des réactions inflammatoires provoquées par la fumée de cigarette
Les produits toxiques, issus de la combustion des cigarettes, favorisent l’apparition de réactions inflammatoires au niveau des organes gustatifs et olfactifs. La muqueuse du nez peut rougir et gonfler légèrement, la coloration de la langue s’altérera peut-être et les papilles filiformes peuvent enfler. La présence d’une inflammation à la langue contribue évidemment à diminuer sa capacité gustative. C’est un peu comme une personne congestionnée à cause de la grippe qui goûtera moins bien en raison d’une inflammation des muqueuses du nez.
2. L’assèchement de la bouche
L’assèchement buccal, dont se plaignent parfois les fumeurs, peut, lui aussi, avoir un rôle à jouer dans la diminution des capacités gustatives. Le fait d’avoir moins de salive en bouche fait en sorte que les aliments sont moins bien dissous et donc moins bien goûtés. Un des rôles importants de la salive est justement de dissoudre les aliments afin de permettre aux papilles gustatives de les apprécier davantage. En plus de nettoyer les papilles pour une prochaine expérience gustative.
3. La saveur prononcée du tabac
En raison de son goût très prononcé, le tabac peut masquer la saveur des aliments. On peut penser que plus l’odeur dégagée par la combustion du tabac est forte, et plus le goût sera altéré. Ce phénomène est d’ailleurs bien connu des connaisseurs de vins qui déconseillent l’usage du tabac lors des dégustations.
4. Le goût du tabac se prolonge
Le goût du tabac n’est pas seulement relevé, il demeure longtemps en bouche. D’une part parce qu’il laisse des résidus sur la langue et les muqueuses, et, d’autre part, parce que plusieurs produits résultant de la consommation de cigarettes se retrouvent dans la salive et peuvent possiblement goûter.
5. Les maladies associées au tabagisme
Il ne faut pas oublier que le tabagisme peut entraîner plusieurs maladies susceptibles d’influencer négativement les capacités gustatives, que ce soit dans le cadre d’un traitement – car certains médicaments peuvent assécher la bouche – ou comme conséquence d’une maladie, par exemple un cancer qui détruirait la langue.
Heureusement pour les fumeurs, les dommages à la bouche causés par le tabac ne sont pas permanents comme expliqué tout à l’heure, concernant les papilles gustatives.
En outre, il faut que le fumeur évite tout excès dans son alimentation, lorsqu'elle est trop riche, en particulier en graisse. Il est recommandé de manger des aliments riches en vitamines A, E et C. La vitamine C empêcherait la formation de nitrosamines, substances cancérigènes favorisées par le tabagisme, et pourrait également renforcer l'immunité naturelle de l'organisme. La vitamine E, apportée par les céréales complètes et les salades, jouerait aussi un rôle non négligeable pour éviter les complications du tabac.
Sachez que le tabac augmente de 30% les besoins en vitamine C. Pour éviter les carences, le fumeur doit surveiller, plus que le non fumeur, ses apports quotidiens en vitamines et en oligo-éléments.
BILAN PARTIE III- "Le tabac influence le goût"
L’hypothèse est donc vérifiée. Bien plus qu’une simple influence, le tabac modifie le gout, voir le detruit . Nos papilles gustatives étant détruites, le gout de certains aliments est atténué ou devient inexistant. On peut dire que le tabac est l'ennemi propre du gout.
Voilà pour le fait que le tabac perturbe énormément le goût, les papilles et les différentes sensations dues aux aliments que nous mangeons chaque jour.
Cependant il existe d’autres facteurs qui peuvent altérer, perturber le goût.
Tout d’abord une malnutrion, surtout une carrence en zinc, car une enzyme dépendante du Zinc est sécrétée par les glandes salivaires. Cette enzyme joue un rôle dans la fonction gustative et son activité est étroitement liée à la suffisance en apport de zinc dans l’organisme. Le zinc aurait la capacité à régénérer le bourgeon du goût (sa morphologie).
Mais aussi dans les cas de cancers des voies aérodigestives supérieures, c'est-à-dire la bouche, le pharynx et le lynrinx, l'irradiation est à l'origine d'hyposialie, c'est-à-dire une faible production de salive, par lésion directe des glandes salivaires sans épargner les cellules gustatives.
Les troubles du goût apparaissent après trois semaines de traitement environ, à partir de 20 Gy (énergie massique de radiation) ; entre 20 et 40 Gy, la dysgueusie augmente rapidement, pour atteindre 90 % de perte relative du goût au-delà de 60 Gy. Une irradiation prolongée peut entraîner une perte de goût permanente par fibrose des glandes salivaires.
Cela est de même pour la chimiothérapie.
Encore une chose à laquelle nous ne ferions même pas attention, les pignons de pin lesquels provoquent, chez certaines personnes les ayant consommés, un goût très amer dans la bouche réapparaissant lors de chaque prise d'aliment ou de boissons. Cette dysgueusie disparaît d'elle même au bout d'un temps variable, entre deux à quarante-cinq jours.
Pour conclure, le tabac est donc un ennemi de notre goût, il réussît à tuer, déformer, perturber, détériorer un aliment qui a pourtant si bon goût au début. Fumer rend peut être intéressant face aux autres mais nettement moins face a la nourriture ! Une maladie, ou meme notre propre envirronement peut aussi modifie notre perception du gout .
C'est pour toutes ces raisons que nous pouvons dire que le goût est un systeme tres complexe, qui met en jeu plusieurs facteurs, pas forcement liés les uns aux autres, leur seul point en commun : modifier le gout